Forum Discussion

Avatar de Brenda_Diakite
Brenda_Diakite
Icône pour le rang PennylaneurPennylaneur
il y a 16 jours

Débat du mois #17 : Nouvelles missions en cabinet, qui arrive vraiment à les vendre ?

Le nouveau baromètre du CEG sur les missions de demain met en lumière une envie forte des cabinets d’élargir leur accompagnement des dirigeants.

Mais entre l’intention et la réalité du terrain, le chemin semble encore semé d’embûches : manque de temps, difficulté à structurer et tarifer ces prestations, et clients pas toujours prêts à payer pour du conseil qu’ils percevaient jusque-là comme inclus dans leur mission comptable.

Alors que les nouvelles missions sont régulièrement présentées comme un levier de développement pour les cabinets, une question reste centrale : combien arrivent réellement à les vendre aujourd’hui, et qu’est-ce qui bloque les autres ?

💬 Affirmation pour ouvrir le débat : « Développer de nouvelles missions, c’est bien. Réussir à les vendre, c’est une autre histoire. »

💬 Votre avis en commentaire

🟢 Oui, nous avons franchi le cap : nous avons réussi à structurer et vendre de nouvelles missions cette année (tableaux de bord, gestion de trésorerie, accompagnement RFE, RH…).

🔴 Pas encore : malgré l’envie de développer ces missions, leur vente reste difficile, faute de temps, d’outils, ou face à la réticence des clients à payer pour du conseil.

❓ Questions bonus :

  1. Où en êtes-vous concrètement dans votre cabinet : avez-vous déjà packagé et vendu une nouvelle mission cette année ?
  2. Quel est votre principal frein : le temps des collaborateurs, les outils, ou la difficulté à faire accepter le prix au client ?
  3. Comment facturez-vous ces missions : à la prestation, à l’heure, ou intégrées dans un package mensuel ?

⚠️ Disclaimer : Cette affirmation ne reflète pas la position de Pennylane. Elle est uniquement proposée pour ouvrir le débat et permettre à la communauté d’échanger sur un sujet d’actualité de la profession.

10 Réponses

  • Bonjour Brenda_Diakite​, boujour à tous.

    Pour ma part, je suis à la fois en 🟢 et 🔴.

    De mon côté, je suis encore au début de ma réflexion sur ces nouvelles missions, mais je constate déjà une évolution dans ma manière de travailler.

    L’automatisation d’une partie de la production commence à me permettre de dégager un peu de temps pour prendre davantage de recul sur les comptes de mon portefeuille. Pas forcément de manière systématique pour le moment, mais suffisamment pour commencer à détecter certains besoins qui pourraient aller au-delà de la mission comptable classique.

    Je pense néanmoins qu’il faut faire une distinction entre le conseil de premier niveau et la mission complémentaire. Accompagner le dirigeant dans son quotidien, répondre à ses interrogations ou l’alerter sur un point particulier fait, selon moi, partie de notre rôle de collaborateur et des honoraires habituels, tant que cela ne nécessite pas une étude approfondie.

    En revanche, lorsqu’un besoin nécessite d’aller plus loin, avec une véritable analyse ou un travail spécifique, je pense que la question de la valorisation d’une mission complémentaire doit se poser.

    C’est aussi là que je trouve notre position de collaborateur intéressante : nous connaissons les dossiers, nous échangeons régulièrement avec les dirigeants et nous pouvons donc être bien placés pour détecter ces besoins. Ensuite, selon le sujet, cela peut être traité directement avec le client, remonté en interne ou réalisé avec l’accompagnement d’autres personnes du cabinet.

    Je commence justement à m’intéresser davantage à cette détection, même si je n’ai pas encore suffisamment de recul sur la partie vente et tarification.

    Finalement, mon enjeu aujourd’hui n’est pas encore de savoir comment vendre une nouvelle mission, mais plutôt d’apprendre à mieux détecter les besoins, déterminer où s’arrête le conseil courant et à partir de quand une intervention mérite de devenir une mission à part entière et d’être valorisée comme telle.

    C’est en tout cas une évolution du métier que je trouve particulièrement intéressante.

  • Bonjour Lucien​ Aika​ 

    Bonjour Lucien,

    Pour ma part, la "saisie comptable" n'apporte plus de véritable valeur ajoutée depuis déjà longtemps.

    Aujourd'hui, l'Autopilot est paramétré sur ce que j'appelle les factures "génériques", c'est-à-dire les factures récurrentes dont le compte de charge et le taux de TVA ne changent jamais. L'intelligence artificielle est capable de les traiter de manière fiable et automatisée.

    Le rôle du chef de mission évolue donc progressivement. Il ne consacre plus son temps à la production de saisie comptable mais à la supervision et au contrôle de la manière dont l'Autopilot traite les opérations. Son expertise se déplace vers l'analyse, la sécurisation et la validation des données.

    À terme, j'espère que les comptables n'auront plus à effectuer de saisie comptable. C'est, selon moi, une tâche chronophage sur laquelle l'IA peut aujourd'hui apporter une réelle valeur en travaillant plus vite et de façon plus homogène.

    En contrepartie, nous gagnons considérablement en réactivité. À titre d'exemple, 100 % des bilans de SCI ont été finalisés dès la première semaine de janvier 2026 et près de 90 % des autres bilans étaient clôturés avant la fin du mois de janvier.

    Au-delà du gain de productivité, ce que nous mettons en place permet surtout d'apporter davantage de visibilité et de fiabilité aux clients. Ils disposent d'une information financière à jour et peuvent ainsi se projeter plus sereinement dans leurs décisions et dans la gestion de l'année à venir.

    La valeur de nos métiers ne réside plus dans la saisie, mais dans l'accompagnement, l'analyse, le conseil et la capacité à transformer la donnée en aide à la décision.

    • Avatar de Lucien
      Lucien
      Icône pour le rang Déchiffreur de rythmesDéchiffreur de rythmes

      Bonjour Virginie_SOLTANI​ ,

      Je vous rejoins sur l'utilisation de "l'autopilot" sur les factures qui sont bie ntraité par l'OCR. Le fait est qu'il y en a encore beaucoup qui ne sont pas génériques et sont mal traitées par l'autopilot (tickets CB, commandes ou BL considérées comme factures, mauvaise société, erreur taux de TVA). Aussi, dans le fonctionnement Pennylane il est aujourd'hui plus rapide de bien contrôler une facture en entrée que de faire une correction à posteriori.

      Je vous rejoins également concernant l'accompagnement, l'analyse et le conseil mais je voulais insister sur le fait qu'à mon sens, la conformité reste un des socles de notre métier et porteur de valeur ajoutée, celle-ci impliquant une saisie correcte en entrée ainsi qu'une révision efficace.

  • Avatar de Aika
    Aika
    Icône pour le rang Première notePremière note

    Bonjour à tous,

    Je m’interroge actuellement sur la manière de faire évoluer nos offres, notre facturation et notre discours auprès des clients.

    Faut-il continuer à présenter nos missions principalement sous l’angle de la révision des comptes, ou intégrer dès le début de la relation une ou plusieurs missions de conseil, avec un contenu et une valeur clairement identifiés ? Comment communiquer ensuite sur les nouvelles missions que nous pouvons proposer ?

    Au-delà des mots, j’ai le sentiment que cette évolution implique de revoir certaines habitudes et notre façon de fonctionner au cabinet.

    • Avatar de Lucien
      Lucien
      Icône pour le rang Déchiffreur de rythmesDéchiffreur de rythmes

      Pour ma part je trouve que la mission de révision et même de "validation de saisie" de facture si je peux me permettre, reste une mission essentielle et valorisable. 

      L'arrivée de la facture électronique va supprimer une partie du travail de contrôle en entrée mais sauf erreur de ma part les tickets CB < 150 € TTC vont persister encore plusieurs années, le travail de contrôle de saisie de l'OCR va persister. Et il y a encore beaucoup d'erreurs (taux de TVA, dates, mauvaise affectation), je suis d'ailleurs curieux de savoir quel % de cabinets utlisent réellement l'autopilot.

      Les automatisations aident au traitement mais le temps se déplace vers les corrections d'erreurs, et l'analyse plus profonde des dossiers clients sur lesquels nous faisions parfois l'impasse car "trop compliqué" de tout voir/comprendre afin de respecter la rentabilité.

      Au lieu de supprimer la valeur créée par la révision, je pense qu'il faut lui rendre justement.
      Une mission de révision bien effectuée à de la valeur puisqu'elle contient des informations utiles au client. Aussi, en faisant une révision sous un angle "conseil", vous apportez de la valeur à votre client et cela vous permet de continuer à facturer des honoraires récurrents plutôt que des missions de conseil ponctuelles qui concernent un % plus faible des dossiers et sur lesquels nous avons de la concurrence.

      Au plaisir de vous lire,

    • Avatar de Alice_URBEJTEL
      Alice_URBEJTEL
      Icône pour le rang Batteur de mesureBatteur de mesure

      Je ne suis "que" collaboratrice comptable" donc cette fonction ne m'incombe pas ;)

      Mais il me parait évident que cela fait parti de la transformation des cabinets comptables, bien au delà de la "saisie" qui est maintenant très automatisée. 
      Et que cela n'est pas forcement facile à faire comprendre aux clients qui sont habitués à un "forfait"

      • Avatar de Baptiste_Nava
        Baptiste_Nava
        Icône pour le rang Première notePremière note

        Merci pour votre message, et permettez-moi de ne pas être d'accord avec le « que » collaboratrice :). Ce que vous décrivez, la transformation du métier au-delà de la saisie et la difficulté de faire évoluer un client habitué au forfait, c'est exactement le cœur du sujet, et ce ne sont pas les diplômes qui permettent de le voir.

        Chez Contomed, les missions de conseil ne sont pas réservées aux associés. Elles sont souvent détectées, et parfois vendues, par des collaborateurs qui ont compris l'intérêt qu'elles représentent pour le client. La hiérarchie traditionnelle des cabinets, construite autour du diplôme, nous semble dépassée : ce qui compte, c'est la compétence, et surtout l'écoute. Un collaborateur qui suit le dossier au quotidien d'un médecin, d'une dentiste, d'un infirmier... est le mieux placé pour repérer le moment où une question d'installation, de passage en société ou de rémunération se pose, bien avant que le client ne la formule.

        C'est pour cela que nous distinguons deux choses : détecter et vendre. Tout le monde chez nous sait détecter, c'est la base du métier tel que nous le concevons, et nous prenons le sujet rapidement pour en parler au client. La vente vient ensuite, et certains la font très bien sans être Manager, consultant senior ou experts-comptables. Ce n'est pas une question de titre, c'est une question de compréhension du besoin et de confiance.

        Alors oui, expliquer à un client que le conseil a une valeur propre demande un peu de pédagogie et d'expérience. Mais quand la personne qui le lui dit est celle qui connaît son dossier, qui l'écoute et qui a déjà identifié son problème, cela se passe bien.

        Bref, cette fonction vous incombe peut-être plus que vous ne le pensez et c'est cool d'en parler BRAVO Alice_URBEJTEL​ 
        Et c'est une bonne nouvelle pour la profession.

  • 🟢 Oui, nous avons franchi le cap, mais ce n'était pas gagné d'avance.

    Chez Contomed, nous avons fait un choix de départ qui conditionne tout le reste : nous n'accompagnons que des professionnels de santé libéraux. Avec le recul, c'est la spécialisation qui rend le conseil vendable. Un médecin ou un dentiste qui s'installe, ou qui hésite entre rester en BNC et passer en SEL, a une question précise et sait que la réponse a de la valeur. Quand on parle sa langue, l'objection « le conseil est inclus dans la compta » tombe d'elle-même.

    Pour les questions bonus :

    1. Notre offre tient en trois étages : le suivi comptable au forfait, avec un point de situation en cours d'année construit à partir des données Pennylane ; des missions ponctuelles tarifées à l'avance (structuration, holding, installation, transmission) ; et un audit stratégique vendu à part. Le rendez-vous découverte suit un déroulé écrit, et c'est souvent là que la mission de conseil se vend, parfois avant la mission comptable.

    2. Le principal frein n'est pas le client, c'est le temps de l'équipe et la discipline nécessaire pour industrialiser la vente. Un CRM au centre, chaque devis et chaque relance suivis, un point hebdomadaire sur le pipeline : sans cela, les bonnes intentions s'arrêtent à la première période fiscale chargée et crainte des équipes de faire ce travail en plus du travail quotidien. Il faut structurer.

    3. Un forfait mensuel pour le récurrent, et chaque mission de conseil au devis, acceptée avant de commencer. Jamais à l'heure : nos clients veulent savoir ce qu'ils paient et ce qu'ils obtiennent.

    Ce qui reste difficile, c'est de tenir le niveau de service quand le portefeuille grandit. Vendre une mission est une chose, la livrer avec la même qualité pour le centième client en est une autre. C'est notre chantier du moment : structurer l'offre, l'accompagnement et les outils pour que le conseil reste au cœur de la relation, et pas seulement dans la plaquette.

  • 🟢 Oui, nous avons franchi le cap  

    Depuis plus de 20 ans, le cabinet Numans (ex Safigec) accompagne ses clients dans le pilotage de leur activité à travers la mise en place de tableaux de bord et d'outils de suivi de performance. Cette culture du chiffre et du pilotage s'est notamment développée auprès des stations-services, pour lesquelles le suivi d'indicateurs de gestion constituait une véritable nécessité.

    Aujourd'hui, Numans souhaite aller plus loin en plaçant la pluridisciplinarité au cœur de son accompagnement. L'objectif n'est plus seulement de produire des données ou des indicateurs, mais de mobiliser les expertises adaptées aux enjeux de chaque dirigeant : comptabilité, fiscalité, gestion sociale, ressources humaines, protection sociale, gestion de patrimoine, digitalisation ou encore accompagnement stratégique.

    Cette organisation repose sur une forte responsabilisation des différents pôles d'expertise. Chaque métier doit être acteur de la relation client et s'engager sur une feuille de route claire avec un objectif simple : faire ce que l'on dit et dire ce que l'on fait. Les engagements pris auprès des clients doivent se traduire en actions concrètes, mesurables et suivies dans le temps.

    Cette approche s'accompagne également d'une logique de valorisation des missions réalisées à travers des primes. Chaque intervention, même lorsqu'elle sort du périmètre traditionnel de la lettre de mission, a une valeur et mobilise des compétences, du temps et des ressources. La facturation des missions annexes permet non seulement de reconnaître le travail réalisé par les collaborateurs, mais également de sensibiliser les clients à la valeur des services rendus. Elle contribue à instaurer une relation plus transparente, plus équilibrée et davantage orientée vers le conseil.

    En impliquant l'ensemble des collaborateurs dans cette démarche, Numans renforce son rôle de partenaire du chef d'entreprise, capable d'anticiper ses besoins et de lui apporter les expertises nécessaires au bon moment, tout en créant une véritable culture de la responsabilité et de la performance au sein du cabinet.

    D'un cabinet historiquement reconnu pour ses tableaux de bord, Numans devient un cabinet de pilotage global de l'entreprise, où chaque expertise est responsable de créer de la valeur, de tenir ses engagements et de contribuer activement au développement du client.